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Inspection du travail, mise à disposition à but lucratif
Sujet (Cloturé) initié par maaaa, il y a 7 mois - 1351 vues

Bonjour,

Je viens vers vous car je suis confronté à une situation complexe avec l'inspection du travail et j'aimerais avoir des éclaircissements.

Je travaille en tant qu'apporteur d'affaires : je mets en relation des indépendants bouchers avec des grandes surfaces ou des artisans. Mon rôle se limite à trouver des clients et à proposer des missions aux indépendants, qu'ils acceptent ou refusent librement. Il n'y a pas de lien de subordination entre eux et moi, et chaque indépendant signe un contrat qui précise bien la nature de la relation. Tous les indépendants étaient déclarés, fournissaient des attestations URSSAF et facturaient au nom de leur propre entreprise. De plus, ils apportaient leur propre matériel (couteau, vestes, chaussures de sécurité, autres EPI) et intervenaient dans le laboratoire du client de façon autonome. Il pouvait y avoir d'autres salariés autour d'eux, mais chacun savait que l'indépendant ne faisait pas partie des salariés.

Concernant mon rôle d'intermédiaire, je facture l'indépendant pour la mise en relation, et je facture également le client pour la prestation fournie, de manière totalement transparente.

Le 13 janvier dernier, l'inspection du travail a effectué des contrôles chez plusieurs de mes clients. Elle leur a adressé des courriers indiquant que l'activité des indépendants constituait, selon elle, du salariat déguisé et de la mise à disposition de main d'œuvre à but lucratif, au motif qu'un indépendant intervenant chez un employeur serait forcément sous lien de subordination. Les clients ont tous contesté cette analyse.

De leur côté, les indépendants contestent également cette vision. Pourtant, aucun d'entre eux n'a été interrogé directement par l'inspection. Seul l'un d'entre eux a cherché à pousser le débat un peu plus loin, et il lui a été répondu qu'il ne risquait rien personnellement. Malgré cela, il est désormais dans l'impossibilité de travailler concrètement, puisque l'inspection estime que toute intervention d'un indépendant chez un client équivaudrait à du salariat.

Dès que j'ai su qu'ils effectuaient des contrôles, j'ai demandé à avoir un rendez-vous à trois reprises, mais cela m'a été refusé à chaque fois au motif que les dossiers étaient en enquête. Pourtant, je n'ai jamais été interrogé avant mon audition pénale libre le 10 juin, soit 6 mois après les contrôles. Lors de cet entretien, on m'a indiqué qu'il n'y avait pas forcément de texte de loi précis applicable, mais que l'inspection se fondait sur son intime conviction. Il m'a été précisé que si je continuais mon activité, l'inspection relancerait tous les clients pour leur indiquer les risques encourus. Par ce fait, les clients ont tous cessé de travailler avec les indépendants, même s'ils ont contesté. On m'a dit que le dossier devait être transmis au procureur, mais à ce jour (22 août), je n'ai toujours aucune nouvelle.

On m'a également demandé d'arrêter mon activité, même si juridiquement il n'y a pas eu de décision formelle.

Aujourd'hui, j'ai donc cessé toute activité, mais je reste dans l'incertitude et je peine à comprendre qu'on bloque des indépendants alors que moi, en tant qu'intermédiaire, je ne faisais que faciliter la mise en relation.

Mes questions sont les suivantes :

L'inspection du travail peut-elle réellement fonder une procédure sur la seule base d'une « intime conviction », sans texte de loi précis ?

Dans quelle mesure mon rôle d'apporteur d'affaires peut-il être considéré comme du travail dissimulé ou du prêt de main-d'œuvre illicite, alors qu'il n'existe aucun lien de subordination ?

Par cela comment un procureur peut-il aller plus loin dans la démarche sans entendre toutes les personnes concernés ?

J'ai un sentiment d'incompréhension. Le but de cela était juste d'aider les auto-entrepreneurs dans leurs démarches et de les accompagnés. j'ai construit un lien très étroit avec chaque indépendant et j'ai l'impression d'avoir enfoncé tout le monde alors que de mon point de vue je ne faisais que de l'accompagnement.

Merci par avance pour vos conseils.
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Relation employeur-salarié de droit privé (contrat de travail, exécution et rupture), salaires, sanctions, prud'hommes, discrimination, harcèlement.

Votre demande concerne une relation employeur-salarié et ses conséquences : contrat de travail (CDI, CDD, intérim, stage), exécution du contrat (salaires/primes, heures supplémentaires, congés payés, clauses de mobilité ou de non-concurrence) ou modification des conditions de travail.

Elle peut aussi porter sur la rupture (licenciement pour faute/économique/motif personnel, démission, rupture conventionnelle), des sanctions disciplinaires, la discrimination, le harcèlement moral ou sexuel, le règlement intérieur, les représentants du personnel/syndicats, l'intéressement/participation/épargne salariale, l'accident du travail, et éventuellement le pénal du travail (santé-sécurité, travail dissimulé, entrave, prêt illicite de main-d'oeuvre, etc.).

Séjour/nationalité : titre de séjour, visa, asile, OQTF, régularisation, renouvellement, naturalisation, autorisation de travail, rétention, expulsion.

Votre demande relève du droit des étrangers (séjour ou nationalité) : naturalisation, titre de séjour/carte de résident, visa, changement de statut, autorisation de travail, asile, regroupement familial.

Elle peut aussi concerner une mesure d'éloignement/contrôle (OQTF, reconduite à la frontière, interdiction de retour, interdiction du territoire, expulsion, zone d'attente, rétention) et les démarches/recours associés.

Pénal : victime, suspect(e)/mis(e) en cause ou condamné(e) (plainte, audition, garde à vue, convocation, jugement, appel), avec enquête, tribunal, recours et éventuelle constitution de partie civile.

Vous êtes victime, suspect(e)/mis(e) en cause ou condamné(e) dans une affaire pénale : plainte, convocation, audition, garde à vue, enquête ou instruction.

La procédure peut passer par une alternative (médiation, composition pénale), une CRPC ou une comparution immédiate, puis un jugement devant le tribunal de police, le tribunal correctionnel ou la cour d'assises, avec constitution de partie civile possible et recours (appel, cassation). Le sujet peut aussi inclure les infractions routières/permis et l'exécution/aménagement de peine.

Litige avec une administration ou un établissement public et je conteste une décision (refus, retrait, sanction, autorisation, silence de l'administration).

Votre situation oppose une administration ou un établissement public et vous souhaitez contester une décision (refus, retrait, sanction, autorisation) ou l'absence de réponse de l'administration.

Le dossier relève d'un recours administratif et, le cas échéant, du tribunal administratif, notamment en marchés publics, responsabilité de l'administration, élections et collectivités, fonction publique, urbanisme, droit des étrangers.

Sécurité sociale / CPAM / CAF / MSA / URSSAF : litige sur des droits/prestations (AT-MP, refus, trop-perçu, taux), des cotisations ou un contrôle, recours.

Vous contestez une décision d'un organisme social ou un dossier de protection sociale (CPAM/CAF/MSA, URSSAF).

Le sujet peut concerner l'accident du travail/maladie professionnelle (AT/MP), la faute inexcusable de l'employeur, l'invalidité/handicap, les congés parentaux, la retraite, le chômage, les prestations, ou les cotisations et les contrôles sociaux.

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Particulier employeur

Choisissez cette réponse si l'employeur est une personne physique employant directement un salarié.Exemple : emploi à domicile, garde d'enfant, assistance de vie.

Administration publique

Attention : si vous avez le statut de fonctionnaire, merci d'utiliser le formulaire "droit administratif".

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Licenciement économique

Cela signifie que l'employeur justifie la rupture par la situation de l'entreprise ou une réorganisation.Exemple : votre poste est supprimé parce que l'activité baisse.

Licenciement pour motif personnel

Cela signifie que la rupture est liée à votre situation ou à votre comportement, sans être forcément présentée comme une faute disciplinaire.Exemple : l'employeur estime que vous n'êtes plus adapté au poste.

Licenciement pour faute

Cela signifie que l'employeur vous reproche un comportement ou un manquement qu'il estime suffisamment grave pour rompre le contrat.Exemple : absences non justifiées ou non-respect d'instructions importantes.

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Faute simple

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Faute grave

Il s'agit d'un reproche que l'employeur considère comme très sérieux, au point de ne pas pouvoir vous garder dans l'entreprise pendant le préavis.Exemple : refus répété d'exécuter le travail ou incident grave.

Faute lourde

Il s'agit d'un reproche encore plus grave, avec l'idée que le salarié aurait voulu nuire à l'employeur.Exemple : destruction volontaire de matériel pour faire du tort à l'entreprise.

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83%de réponse
BELIGHA
Bonjour,

Je comprends parfaitement votre sentiment d'injustice et d'incompréhension. La situation que vous décrivez est extrêmement préoccupante, d'autant plus que l'Inspection du travail semble se fonder sur une approche très rigide, voire arbitraire.

Analysons vos questions point par point.

Une procédure peut-elle être fondée sur une "intime conviction" ?

Non, absolument pas. C'est une affirmation qui est juridiquement erronée. En droit, et en particulier en droit pénal, il n'existe pas de procédure fondée sur la seule "intime conviction" d'un agent de l'État.

Les infractions de travail dissimulé (salariat déguisé) ou de prêt de main-d'œuvre illicite sont des délits qui doivent être prouvés. La procédure doit se fonder sur des éléments de fait objectifs qui démontrent l'existence d'une violation d'un texte de loi précis, tel que le Code du travail ou le Code pénal. L'affirmation selon laquelle il n'y a "pas de texte de loi précis applicable" est très surprenante et devrait vous alerter sur le manque de fondement juridique de leur action.

L'Inspection du travail est dans son droit d'enquêter, mais elle doit le faire en respectant la loi. Son action de "relancer tous les clients" pour qu'ils cessent leur collaboration avec les indépendants, sans décision de justice, s'apparente à une mesure de pression qui pourrait être considérée comme abusive.

Mon rôle peut-il être requalifié sans lien de subordination ?

C'est là que réside le cœur de votre défense. La définition légale du salariat déguisé repose sur l'existence d'un lien de subordination. Si, comme vous l'affirmez, les indépendants :

Exerçaient de manière autonome,

Fournissaient leur propre matériel,

Facturaient au nom de leur propre entreprise,

N'étaient pas intégrés à l'organisation de l'entreprise cliente,

Alors le critère de la subordination ne semble pas rempli. Le rôle d'apporteur d'affaires, ou d'intermédiaire, est une activité commerciale légale. Si le lien entre l'indépendant et vous-même n'est pas un lien de subordination, et que le lien entre l'indépendant et le client n'en est pas un non plus, il est très difficile pour le procureur de retenir l'infraction de salariat déguisé.

Comment le procureur peut-il aller plus loin ?

Le procureur de la République est le chef de l'action publique. Il va examiner le dossier d'enquête qui lui a été transmis par l'Inspection du travail. Il se fondera sur les éléments qui y sont consignés pour décider de la suite à donner :

Soit il estime que l'infraction n'est pas suffisamment caractérisée et il classe l'affaire sans suite.

Soit il considère que les éléments de l'enquête sont suffisants pour justifier une poursuite et il peut vous convoquer pour une procédure judiciaire.

Le fait que les indépendants n'aient pas été entendus est une faiblesse dans l'enquête de l'Inspection du travail. Un bon avocat saura mettre en lumière ce manque d'éléments objectifs.

Ce que vous devez faire

Votre situation est devenue une affaire juridique, et non plus administrative. Il est impératif de consulter un avocat spécialisé en droit du travail et en droit pénal pour vous défendre.

Ne communiquez plus directement avec l'Inspection du travail. Laissez votre avocat gérer les échanges.

Préparez votre dossier. Rassemblez tous les contrats signés avec les indépendants et les clients, vos factures, et toutes les preuves montrant le caractère autonome de leur activité.

Votre sentiment d'avoir agi de bonne foi est important. Le fait que vous ayez cherché à aider les indépendants sera un argument en votre faveur. Un avocat pourra analyser le dossier de l'Inspection et vous conseiller sur la meilleure stratégie à adopter pour faire valoir vos droits.

Merci d'indiquer que j'ai répondu à votre question en cliquant sur le bouton vert de ma réponse.
maaaa
Merci pour votre retour.

Je suis depuis le début avec un avocat qui d'après ses dires est un dossier à charge sans vrai fondement. Pour elle nous sommes obligé d'attendre que le dossier aille au procureur pour pouvoir avancer mais le problème c'est que j' attend toujours.

J'ai vraiment cette impression que tout est fait pour m'étouffer.

Encore une fois merci beaucoup pour votre retour.

Cordialement
il y a 7 mois
BELIGHA
Je comprends tout à fait ce sentiment d'être "étouffé". C'est extrêmement difficile de rester dans l'incertitude, surtout quand votre activité professionnelle est en jeu. Votre avocat a raison sur un point : pour le moment, le dossier est entre les mains du procureur, et la justice peut prendre du temps.

Cependant, il est important de ne pas rester totalement passif en attendant une décision.

La lenteur de la justice n'est pas un signe d'un dossier fort

Le fait que vous n'ayez aucune nouvelle ne signifie pas que le procureur prépare activement un dossier d'accusation contre vous. Bien souvent, cela est dû à l'engorgement des tribunaux. Le dossier de l'inspection du travail est dans une file d'attente, en compagnie de nombreux autres dossiers, en attente d'être examiné.

Le rôle de votre avocat

Votre avocat a la possibilité de prendre les devants. Même si le dossier n'est pas encore jugé, il peut contacter le procureur pour demander un point d'avancement. C'est une démarche courante qui permet de montrer que vous suivez l'affaire de près et qui peut, parfois, accélérer le processus de décision.

Vous avez le sentiment que l'on vous a forcé à arrêter votre activité sans base juridique solide, et ce sentiment est légitime. Le but du procureur sera d'évaluer la gravité des faits et de déterminer s'il y a suffisamment de preuves pour aller plus loin, ce qui, selon votre avocat, ne semble pas être le cas.
il y a 7 mois
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